Beneath the Tame

Mary Anne Barkhouse
Anna Williams

Les deux artistes, Mary Anne Barkhouse et Anna Williams, ont parlé avec moi en fin d'année 2015 d'une soif de s'appliquer à des œuvres sculpturales à une échelle plus intime que les commandes publiques en plein air qui les avaient repris ces dernières années. Dans une coïncidence que je ne pouvais pas oublier, chaque artiste a mentionné indépendamment un désir de travailler avec l'autre. Le résultat, une œuvre créée en dialogue, est un nouveau départ pour chacun. La résonance entre les deux artistes plane sur l'image animale comme enlacée dans l'imaginaire humain.

Le temps passé avec les artistes produit des histoires variées et éclairantes sur les animaux. Mary Anne ne peut pas se mettre au travail car elle est occupée à sauver des papillons, dont certaines générations parcourent de grandes distances ... Anna vient de sauver un bébé tamia acculé par ses chiens, le faisant revivre avec du miel et du lait. L'hospitalité et la courtoisie plutôt que la coutume et l'ordre prouvent de fortes motivations dans la vie et le travail de ces artistes. Ce sont des perles de contes à portée historique qui façonnent ensemble le sens de la situation dans le monde, la vision du monde et le sens de l'autonomie.

L'animal en tant que concept, cependant, n'est pas considéré comme une réponse ou une nouvelle règle de droit pour aucun des artistes. Dans sa nouvelle Aire série, Mary Anne travaille avec de jeunes oiseaux prédateurs en tant que protagonistes, l'animal habite intimement les lieux d'habitation humains, en particulier les lieux de repos du corps. Ils s'assoient en tant que membres qualifiés à la table, ou se nichent dans la literie, avec le luxe de l'abandon de soi, produisant un effet salutaire d'éloignement. L'accent est mis sur "les problèmes de stratégies de survie d'un point de vue personnel et communautaire. En utilisant des matériaux évocateurs de force, de valeur et de vulnérabilité combinés à des objets faisant allusion à l'utilité et aux circonstances domestiques, je m'efforce de développer un récit sur la traversée du feu. parler, arriver à un lieu de guérison et de réparation. " (MAB). A travers le frottement de familiarité avec les placements et les positions qui nous sont attribués pour nos propres corps, nous ressentons l '(im) pertinence des décisions désincarnées qui sortent de la tête métaphorique au corps politique (désincarné notamment au point de commandement par les tweets! )

Les œuvres d'Anna opèrent au cœur de nos mythologies reconnues - grec ancien (Étole de Diana, Leda et le cygne), biblique (Côte d'Eve), scientifique (Remède) et le domestique (Rafale, Plombé, Sanctuaire) - et sa volonté de libérer un nouveau potentiel narratif de ces domaines familiers. Du poids monumental du mode héroïque des positions des déesses au tourbillon haptique de la mémoire produit par les feuilles de chêne suspendues de Rafale au signal doux-amer des plantes médicinales dédiées à la dépression et à d'autres `` maux de femmes '' Remède, chacun tord à nouveau les fils de la beauté et de la décomposition, de la force et de la perte, des conflits et de la sursis.

Dans Plombé, une année mesurée en pas, la promenade rituelle du matin d'Anna permet de nicher des oiseaux dans les fourrés le long des cours d'eau d'Ottawa. Cherchant à jeter chaque nid en plomb, l'artiste a reçu une remarquable cache de colliers de plomb jetés de poteaux de clôture de la Colline parlementaire. Les notions de préservation, de sanctuaire et de foyer sont ainsi placées dans des sphères de préoccupation plus larges, comme si chaque nid devait flotter dans l'océan sociopolitique depuis sa naissance au bord de la rivière.

De l'autre côté de l'espace, le jeune Thunderbird de Mary Anne prend le thé avec Kolus, son jeune frère et Owl à une table de jeu improvisée pour enfants. L'air entre les œuvres des artistes est positivement perturbé. Les oisillons de Mary Anne sont disgracieux et vulnérables dans leur étape maladroite d'émergence, assis sur des chaises à largage dépareillées avec des motifs de lichen et de mousse qui poussent dessus. Les jeunes oiseaux de proie jouent, imitant et assumant le comportement des adultes dans le jeu directement conséquent du Tea Party. Le jeu est la limite extérieure du champ de bataille socialisant où les actes de libération ou d'invention sauvage sont plafonnés, détournés et redirigés. La série Aerie découle de la réponse de Mary Anne à une photographie prise de sa mère dans un pensionnat avec des camarades. Une image rare qui n'a pas été prise formellement mais par un camarade, elle a mis en scène un ensemble différent de relations dans le cadre.

Le jeu englobe à la fois le mimétique comme ici High Tea avec Thunderbird, avec son surveillant exigeant, Etiquette, mais aussi l'agoniste.Rover rouge, le travail à grande échelle Wolves vs Poodles, établit une «confrontation hypothétique ... dans laquelle la nature et le domestique sont positionnés sur une carte illustrant le trajet du pipeline proposé de l'Alberta à la côte de la Colombie-Britannique. Ses sentinelles, le caniche rose et le loup noir de 99.96% nous saluer à partir d'une position de domination et de surveillance: nous sommes les vulnérables, ceux qui sont en position de réagir et non de commander. Le titre, 99.96% fait référence au fait qu'il y a moins de 0,04% de différence génétique entre le loup et le chien apprivoisé. Des données surprenantes, mais selon notre expérience, la différence est une nuance insaisissable. Les jeux pour enfants enseignent l'expérience de la vie:Rover rougepermet à l'individu au sein du groupe de prendre des décisions tactiques et de changer d'allégeance, et une tentative infructueuse de vaincre imprègne le petit cœur d'une honte temporaire mais sans déshonneur durable; de nouvelles allégeances sont frappées et des changements d'attitude auparavant inimaginables sont appris.

Le titre Sous l'apprivoisement fait allusion à la subversion ou à la révélation. Le dompté a déjà été apprivoisé. Et pourtant, la vie vécue et observée, mémorisée et considérée permet à ces artistes de s'enfouir dedans, dessous, dessous, dessous. En dessous, une préposition, pas un nom, est une extension proche qui ne remplace pas la bannière du nom, de la règle ou du système actuel par un autre mais l'engage autrement. L'expérience partagée par le regroupement hospitalier de forces telles que la congrégation des nombreux sous les oreilles roses Pussyhat, entre autres types d'oreilles à la fois poilues et chauves que nous rencontrons dans cette exposition, nous aide à inaugurer, stratégiquement, tactiquement et autrement, les eecummings '" le grand événement gay illimité de la terre. "

Lisa A. Pai

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Sous l'apprivoisement (Sous la docilité)
Mary Anne Barkhouse • Anna Williams

À la fin de 2015, Mary Anne Barkhouse et Anna Williams m'ont toutes deux confié leur désir profond de consacrer leur temps à la sculpture afin de créer des œuvres d'une envergure bien plus intime que les commandes d'art public qui les avaient tant accaparées au cours des années précédentes. Je ne pouvais pas ignorer que les deux artistes, chacun de leur côté, m’avaient mentionné leur envie de travailler l’une avec l’autre. De ce besoin est né un ensemble d’œuvres créées par le biais du dialogue. Pour chacune d’elles, il s’agit d’un nouveau départ. Les échanges entre les deux artistes ont trouvé un écho dans le croisement de l’imagerie animale et de l’imagerie humaine.

Dans chacune de nos rencontres, les artistes ont fait ressortir toutes sortes d’histoires lumineuses sur les animaux. Mary Anne a raconté qu’une fois, elle ne pouvait se rendre au travail, car elle était trop occupée à sauver des papillons, dont certaines espèces prennent des générations à franchir de vastes distances… Anna venait de sauver la vie d’une petite souris acculée au mur par ses chiens, la ravivant avec du miel et du lait. Dans leur vie et leur pratique, ces deux artistes sont motivées bien plus par l’hospitalité et la courtoisie que par la routine et l’ordre établi. Leurs histoires révélatrices ont une portée historique qui, ensemble, façonnent la compréhension de notre place dans le monde, de notre vision du monde et de notre sens de l’autonomie.

Toutefois, il ne faut pas croire qu’elles voient le concept animalier comme une réponse ou une nouvelle règle de loi. Dans sa nouvelle série d’œuvres intitulée « Aerie», Mary Anne met en scène des oiseaux prédateurs en plein vol. Les animaux entrent dans l’intimité des domiciles humains, en particulier dans les endroits de détente et de repos. Ils sont bien à l’aise assis à table ou nichés dans la literie, adoptant une attitude d’abandon de soi pour produire un effet de distanciation salutaire. La série met l’accent sur des « questions associées à des stratégies de survie, d’un point de vue à la fois personnel et collectif. Au moyen de matériaux qui évoquent la force, l’importance et la vulnérabilité, combinés à des objets utiles qui se rapportent à des situations domestiques, je cherche à créer un récit de résilience qui évoque la capacité de survivre à l’épreuve du feu (pour ainsi dire) afin d’atteindre un lieu de guérison et de réparation (MAB). » En constatant la friction entre la familiarité et les postures de nos propres corps dans les endroits qui leur sont réservés, nous ressentons la pertinence (ou l’impertinence) des règles désincarnées qui proviennent de la tête métaphorique du corps politique (en particulier les commandements qui proviennent par tweets!)

Le travail d’Anna opère au cœur de mythologies bien connues : grecque («Diana’s Stole », « Leda and the Swan»), biblique («Eve’s Rib »), scientifique («Remedy ») et domestique («Gust », « Leaden », « Sanctuary»). La possibilité de créer de nouveaux récits à partir de ces histoires familières motive Anna. Qu’elle évoque le poids monumental des postures héroïques des déesses, le tourbillon de souvenirs haptique produit par les feuilles de chêne suspendues dans «Gust» ou le goût aigre-doux des médecines à base de plantes pour soulager la dépression et autres « maladies de femmes » dans «Remedy», ses nouvelles tournures rafraîchissent dans les histoires les liens entre beauté et ruine, force et perte, conflit et soulagement

Pour «Leaden», une année mesurée en pas, Anna a récolté chaque matin lors de ses promenades rituelles des nids d’oiseau dans des bosquets le long des rivières d’Ottawa. Pour réaliser ses moulures de nids, l’artiste a obtenu un lot impressionnant de colliers de plomb provenant d’anciens poteaux de clôture situés sur les territoires contestés de la Colline du Parlement, siège du gouvernement canadien. Les notions de conservation, de sanctuaire et de résidence sont ainsi insérées dans des préoccupations beaucoup plus vastes, comme si chaque nid émergeait de son lieu de naissance riverain pour flotter dans l’océan sociopolitique.

Dans l’espace d’exposition, à une table d’enfant de fortune, le jeune Oiseau-tonnerre de Mary Anne se blottit pour prendre le thé avec son jeune frère, Kolus le Hibou. L’air entre les œuvres des artistes est indéniablement perturbé. Les oisillons de Mary Anne, disgracieux et vulnérables au stade maladroit de leur apparition, sont assis sur des chaises usagées et dépareillées couvertes de motifs de lichen et de mousse. Les jeunes oiseaux de proie jouent en imitant et en adoptant des comportements adultes à l’heure grave du thé, lourde de conséquences. Le jeu est aux limites du champ de bataille de la socialisation, là où les actes de libération ou d’invention folle sont couverts, retournés et redirigés. Mary Anne a créé la série Aerie en réaction à une

photographie de sa mère prise dans un pensionnat avec quelques-uns de ses camarades. Cette image rare et non officielle croquée par un camarade de classe mettait en scène et encadrait une série de rapports bien différents de ceux que l’on a l’habitude de voir. ​

Le jeu englobe à la fois l’agonie et, aussi, le mimétisme (avec son exigeant contremaître, l’Étiquette) comme dans «High Tea With Thunderbird». « Red Rover», cette œuvre où s’affrontent des loups et des caniches représentés à grande échelle, met en scène une « confrontation hypothétique… dans laquelle des éléments sauvages et domestiques sont placés sur une carte pour indiquer le trajet proposé d’un pipeline entre l’Alberta et les côtes de la C.-B. » Les sentinelles, un caniche rose et un loup foncé de «99.96% », saluent les visiteurs du haut d’un poste de dominance et de surveillance : c’est nous qui sommes vulnérables, nous qui sommes en position de réagir et non de commander. Le titre, «99.96% », se rapporte au fait que, sur le plan génétique, il y a moins de 0,04 % de différence entre le loup et le chien domestiqué. C’est une donnée effarante certes, mais l’expérience nous montre qu’il s’agit d’une nuance inconciliable. Les jeux d’enfants instruisent les expériences de vie : Red Rover permet à un individu dans le groupe de prendre des décisions tactiques et de changer d’allégeance. Une tentative ratée de gagner imprègne le petit cœur de l’enfant d’un sentiment temporaire de honte, mais d’aucun déshonneur durable. L’enfant crée de nouvelles allégeances et il adopte des changements d’attitudes qu’il n’aurait pu imaginer au préalable.

Le titre Sous la docilité fait allusion à la subversion ou à la révélation. Les dociles ont déjà été apprivoisés. Pourtant, avec la vie vécue et observée, remémorée et considérée, ces deux artistes enfouissent la docilité dans, en dessous, en dedans, sous. « Sous » est une préposition, ce n’est pas un nom. C’est une extension étroite du nom qui ne le supplante pas, et qui n’occulte aucune règle ou aucun système en vigueur. Il vient plutôt appuyer le nom. Cette exposition est une expérience partagée grâce à la réunion des forces d’hospitalité, comme celles de la congrégation des « Pussyhat » aux oreilles roses. Celles-ci se joignent aux nombreuses autres sortes d’oreilles à poils ou chauves de cette exposition. Ce rassemblement de forces nous aide à accueillir, stratégiquement, tactiquement et autrement « les grands événements joyeux qui se produisent sans fin sur terre » comme le disait e.e. cummings.

Lisa A. Pai